ENCAUSSE Philippe (dit Jean) Dr en médecine, fils de Papus et disciple posthume de Nizier Philippe, rénovateur de lOrdre martiniste - (Paris, 2 janvier 1906 Paris, 22 juillet 1984).Fils de Gérard Encausse-Papus et de Jeanne Robert, il suit ses études de médecine grâce à la générosité dEmmanuel Lalande, un intime de son père, et obtient son doctorat en médecine (1935), avec une thèse sur Sciences occultes et déséquilibre mental (1943). Parallèlement, il pratique lathlétisme de compétition, devient champion de saut de Paris et de France (scolaire et universitaire). Il est successivement chroniqueur à Radio-Paris (1930), puis à la radio télévision française, reporter sportif du Flambeau et de lIntransigeant (Barcelonne, 1936) et à Match. Installé comme médecin à Paris (1937), mobilisé comme médecin-lieutenant (croix de guerre), il entre comme sous-chef de bureau au Haut commissariat à la jeunesse et aux sports (1941), devient chef des services médicaux de la Direction générale de la jeunesse et des sports (1945), enfin comme médecin inspecteur général de lEducation nationale, spécialiste de la médecine sportive, et administrateur du Comité olympique français. Il est reçu chevalier (1949) puis officier (1958) de la Légion dhonneur. Initié à la Grande Loge de France où il est admis comme apprenti (20 novembre 1947), compagnon (16 décembre 1948) et maître (19 janvier 1950) au sein de la loge La Prévoyance, il reçoit ensuite les 4e (9 février 1951), 14e (16 mai 1952), 18e (9 janvier 1953) et 30e (16 juillet 1955) degrés du rite écossais ancien et accepté. Sous les auspices de cette obédience, il fonde (1952) la loge Papus dont il devient vénérable maître (1956), puis la loge Gérard Encausse (1978). Témoignage capital que celui de Jacqueline Encausse, relayant celui de Philippe Encausse lui-même : « Papus, quelques semaines avant son décès, avait « consacré » Philippe, petit garçon de dix ans à peine, en lui imposant les mains sur la tête et lui communiquant des pouvoirs et linvestiture de successeur au sein du martinisme (le sien, celui de Papus). Ce fut la première expérience spirituelle de Philippe ; il ne loublia jamais [
] » (Jacqueline Encausse, Un « Serviteur Inconnu », Philippe Encausse, fils de Papus, op. cit., p. 31). En 1931, Philippe Encausse se rend à une assemblée dune loge de lOrdre martiniste traditionnel contre lequel il formule quelques griefs (Cf. la lettre dAugustin Chaboseau à Philippe Encausse, du 26 février 1932, in Jacqueline Encausse, op. cit., pp. 276-280, qui en témoigne). En 1938, il correspond avec Constant Chevillon, puis, à partir de 1945, avec Jean Chaboseau. Sa rencontre avec Robert Ambelain sera le véritable détonateur du réveil de lOrdre martiniste. Après avoir reçu de ses mains la filiation rituelle qui remonte à Papus, il rénove le Suprême Conseil de lOrdre martiniste dont il est élu grand maître (octobre 1952), en succession directe de son père, réalisant ainsi leur désir commun, en le développant en France et dans de nombreux pays. Il réveille de même (1953) la revue LInitiation, avec le titre de directeur et de rédacteur en chef. Il reconstitue également le Groupe indépendant détudes ésotériques. Trois ordres martinistes sont alors actifs en France. Robert Ambelain dirige lOrdre martiniste des élus cohens, Charles-Henry Dupont préside lOrdre martiniste dit « de Lyon », tandis que Philippe Encausse préside lOrdre martiniste. Conscients des liens qui les unissent, tous trois constituent une Union des ordres martinistes (26 octobre 1958). Deux ans plus tard, Dupont lui transmet à son tour (13 août 1960) la grande maîtrise de lOrdre martiniste « de Lyon », désormais fondu dans lOrdre martiniste proprement dit. Accessoirement, Dupont lordonne réaux-croix, selon le rituel et dans la filiation de Bricaud-Chevillon, qui, dailleurs, ne remonte pas plus loin. Mais Philippe Encausse ne fera aucun usage de ce dépôt. Quittant la présidence de lOrdre martiniste au profit dIrénée Séguret (1971), il en est désigné président dhonneur et secrétaire général, avant de succéder à son tour à Irénée Séguret à la présidence (1er janvier 1975). Il remet finalement cette dernière charge à Emilio Lorenzo (27 octobre 1979). Filleul et disciple à titre posthume, de Nizier Philippe, thaumaturge et homme de Dieu, il encourage la fondation du groupement dit des Amis de Maître Philippe (1976) dont il contribue grandement, après son père Papus, à répandre linfluence dans et autour de lOrdre martiniste. Son uvre principal sarticule autour de Papus et de M. Philippe : Papus, sa vie, son uvre (1932), Sciences occultes ou vingt-cinq années doccultisme occidental. Papus, sa vie, son uvre, (1949), Papus, le « Balzac de loccultisme (1979) et Le Maître Philippe de Lyon, thaumaturge et homme de Dieu (1954, maintes fois réédité), qui lui vaut un prix de lAcadémie française (1982). Ordonné acolyte (24 mai 1953), puis prêtre (9 juin 1962) dans lEglise gnostique apostolique par Robert Ambelain, il est élu évêque de Philadelphie. Un protocole (14 janvier 1968) quil signe au titre de lOrdre martiniste avec André Mauer, au titre de lEglise gnostique apostolique, confirme les liens fraternels qui unissent les deux communautés. Mais après avoir pris conscience de limportance du dépôt gnostique de lEglise syrienne dAntioche, il sera inhumé à sa demande selon les rites de cette dernière église (27 juillet 1984), après un office célébré par son frère et ami, le Père Robert Amadou. Source principale : Jacqueline Encausse, Un « Serviteur inconnu », Philippe Encausse, fils de Papus, Paris, Cariscript, 1991 ; Robert Amadou, « Eternelle mémoire » [homélie prononcée lors des obsèques de Philippe Encausse], in Jacqueline Encausse, op. cit., pp. 371-377. Serge CAILLET
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