Institut Eléazar

Cours de martinisme par correspondance

Constant Chevillon Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Serge Caillet   
13-07-2005

Constant ChevillonCHEVILLON Constant Martin (Harmonius) - grand maître de l’Ordre martiniste (Annoire [Juras], 26 octobre 1880 – Saint-Fons [Rhône], 25 mars 1944).

Aîné de trois enfants d’une modeste famille paysanne, il suit ses études secondaires au collège de Montciel, puis fréquente le petit séminaire, et enfin le grand séminaire de Lons-le-Saunier où il reçoit vraisemblablement le diaconat. Il suit des études supérieures à la Faculté de Lettres de Lyon, couronnées par une licence et peut-être l'agrégation. Après un passage à l'abbaye de Solesmes, il enseigne la philosophie religieuse chez les Jésuites, puis entre comme employé à la Société générale, à Lyon, qu'il quitte pour la Banque nationale pour le crédit industriel (1913), dont il gravit tous les échelons : inspecteur à Paris (1927), puis contrôleur et fondé de pouvoir (Deuxième Guerre mondiale) chargé de contrôler, puis de liquider les comptes de différentes succursales, dans la France des années 1939-1944 : Paris, Lyon (septembre 1939), Bordeaux (novembre 1939), etc.

Après avoir fondé l'Attique, une société littéraire (1911), une rencontre avec le poète-astrologue Jean-Baptiste Roche, l’oriente vers l'occultisme. Il entre dans la franc-maçonnerie (vers 1913-1914) fait la connaissance (avant 1914) de Gérard Encausse-Papus et (vers 1914) de Jean Bricaud qui, au sortir de la Grande Guerre, le reçoit dans l'Ordre martiniste (14 décembre 1919), très probablement après l'avoir agrégé à la franc-maçonnerie égyptienne de Memphis-Misraïm. Admis au Suprême Conseil de l'Ordre martiniste (10 mars 1921), sans doute est-il dans le même temps reçu au 95e degré du rite de Memphis-Misraïm (1923 au plus tard). Il seconde désormais Bricaud dans la direction de différents ordres, et celui-ci le désigne comme substitut grand maître (vers 1932).

A la mort de celui-ci (21 février 1934), il lui succède dans toutes ses fonctions : grand maître de l’Ordre martiniste, grand maître du rite de Memphis-Misraïm, recteur de la Rose-Croix kabbalistique et gnostique. Il hérite de même du patriarcat de l’Eglise gnostique universelle et, comme Bricaud avant lui, reçoit de Mgr Louis-François Giraud la prêtrise (3 novembre 1935) puis la consécration épiscopale (5 janvier 1936), sous le nom de T Harmonius.

Reprenant la direction (1934-1939) de la revue Annales initiatiques, il poursuit le développement de ces différentes organisations, en France et dans de nombreux pays, s’oppose aux séparatistes unis à Bruxelles sous les auspices d’une Fédération universelle des ordres et sociétés initiatiques (FUDOSI) (août 1934) qui conteste ses pouvoirs, et noue à son tour de nombreux contacts à l’étranger, notamment avec le Suisse Hans Rudolf Hilfiker-Dunn ( ? -1955) et l’Américain R. Swinburne Clymer (1878–1966) avec lequel il fonde (20 mars 1939) la Fédération universelle des ordres, sociétés et fraternités des initiés (FUDOSFI), rivale de la FUDOSI.

Après l’interdiction des sociétés initiatiques par le Gouvernement de Vichy (13 août 1940), il subit à Lyon des perquisitions de la Milice (septembre 1941), est arrêté puis relâché à Clermont-Ferrand (1943), avant d’être arrêté à Lyon (25 mars 1944) et assassiné en banlieue lyonnaise, par le MNAT de Doriot dit-on. Sous prétexte qu’il aurait détenu un exemplaire du fameux Pacte synarchique, on a prétendu qu’il entretenait des liens avec le mouvement politique occulte dit de la Synarchie d’Empire. Cette affirmation est purement gratuite.
Son œuvre littéraire marquée d’une forte empreinte catholique romaine, témoigne d’une profonde connaissance des doctrines traditionnelles de l’ésotérisme chrétien : Orient ou Occident (1926), Réflexions sur le Temple social (1937), Le vrai visage de la franc-maçonnerie (1939), Du néant à l’être (1942), Et verbum caro factum est (1944). Il faut y ajouter deux titres posthumes : La Tradition universelle (1946), Méditations initiatiques (1953) et ses Lettres à Marcelle (2000-2001).



Bibliographie : Fonds Bricaud, Bibliothèque municipale de Lyon, ms. 6.120 ; Constant Chevillon (1880-1944), philosophe et martyr. Sa vie. Son œuvre, Paris, L’Initiation, 1980 ; René Senève, La Paix universelle. D’après la gnose de Constant Chevillon, Paris, Editions traditionnelles, 1984 ; Serge Caillet, La franc-maçonnerie égyptienne de Memphis-Misraïm, Paris, Dervy, 2003.

Serge CAILLET

Dernière mise à jour : ( 19-07-2005 )
 
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