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DUPONT Henry Charles (T Charles-Henry, Eques a vera luce) grand maître de lOrdre martiniste (Jersey, 19 février 1877 Coutances [Manche], 1er octobre 1960).
Dune mère originaire des îles anglo-normandes, il passe sa jeunesse dans la Manche, puis est admis au concours dentrée au Travaux publics, et fait toute sa carrière à Madagascar, où il occupe successivement les fonctions dingénieur des travaux publics à Tuléar, puis à Diego-Suarez, pour terminer sa carrière à Tananarive.
Il reçoit la lumière maçonnique (6 juin 1918), puis les grades de compagnon (20 mars 1919) et de maître (7 décembre 1920) dans la loge France australe, à Tananarive. De retour en France, il sinstalle à Coutances (Manche) où il saffilie à la loge Liberté et Progrès du Grand Orient de France (17 octobre 1936), et en occupe de façon quasi permanente la fonction de 1er surveillant (1946-1960). Il est également adoubé chevalier bienfaisant de la Cité sainte (CBCS) au Grand prieuré des Gaules (20 juillet 1950).
Parallèlement à une carrière maçonnique classique, il collabore avec Jean Bricaud, et surtout avec Constant Chevillon qui lordonne réau-croix (dans la filiation de Bricaud) et le reçoit 95e, avec la charge de grand chancelier (21 octobre 1934), puis de grand administrateur (1935) du Souverain Sanctuaire du rite de Memphis-Misraïm pour la France. Dans le même temps, il entre au Suprême Conseil de lOrdre martiniste. Après la seconde guerre mondiale et la mort de Chevillon, il hérite de la charge magistrale des ordres « lyonnais », notamment de la grande maîtrise de lOrdre martiniste et du rite de Memphis-Misraïm. Il se démet (fin 1945) de cette dernière charge au profit de Pierre Debeauvais, puis la lui reprend (1947) avec laccord du Souverain Sanctuaire.
Reçu dans lEglise gnostique universelle, il est ordonné diacre par Chevillon (3 septembre 1938), mais, à lévidence, ne recevra de celui-ci ni la prêtrise ni lépiscopat. Après avoir été consacré évêque par Antoine Fayolle (15 avril 1948), vraisemblablement selon la filiation de Jules Doinel, il se présente comme le patriarche de lEglise gnostique universelle, sous le nom de T Charles-Henry.
Après la mort de plusieurs anciens membres du Suprême Conseil de lOrdre martiniste, qui tombe dans lassoupissement à la fin des années 1940, sollicité par Robert Ambelain et Philippe Encausse, il signe avec eux laccord fondateur dune Union des ordres martinistes (26 octobre 1958), où il représente es qualité lOrdre martiniste dit « de Lyon », qui devient en la circonstance lOrdre martiniste-martinéziste, et collabore à la revue lInitiation (1959). Peu avant son passage à lorient éternel, il transmet finalement la grande maîtrise de ce dernier ordre à Philippe Encausse (13 août 1960), à charge pour lui de le fondre dans lOrdre martiniste proprement dit.
Dans le même temps, il remet à Robert Ambelain la grande maîtrise du rite de Memphis-Misraïm (13 août 1960) et le patriarcat de lEglise gnostique universelle (15 août 1960). Le corps de Henry Charles Dupont repose à Coutances, aux côtés de celui de son épouse.
Bibliographie : Serge Caillet, « Dupont, Henry Charles », in Les marges du christianisme, « sectes », dissidences, ésotérisme, Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, sous la direction de Jean-Pierre Chantin, Paris, Beauchesne, 2001, pp. 78-79 ; La Franc-maçonnerie égyptienne de Memphis-Misraïm, Paris, Dervy, 2003 ; Jean S. et Pierre L., « Un enfant du pays », h. c.
Serge CAILLET
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