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BLANCHARDVictor Alfred (sâr Paul Yésir, T Targelius, T Paul) Occultiste chrétien, fondateur de lOrdre martiniste et synarchique (Versailles, 10 juillet 1877 Paris, 14 mars 1953).
Chef du service central et du service archiviste de la Chambre des Députés, dont il est par ailleurs secrétaire rapporteur, puis président de lAmicale des fonctionnaires.
Etudiant à lEcole supérieure libre des sciences hermétiques (1900) de Gérard Encausse (Papus), il entre dans lOrdre martiniste (1900). Après avoir reçu linitiation maçonnique dans la loge Humanidad du rite national espagnol, il est admis (1908) aux 30e et 90e (et 95e ?) degrés dans la franc-maçonnerie « égyptienne » de Memphis-Misraïm, et participe comme secrétaire général au Congrès spiritualiste organisé à Paris (juin 1908) par Papus et Charles Détré-Téder. Il sengage (1908) dans léphémère Ordre du Temple rénové de René Guénon, mais mis en demeure de choisir entre cette dernière organisation et lOrdre martiniste, il reste fidèle à Papus.
Il collabore à la revue lInitiation, et, sous les auspices de lOrdre martiniste, il fonde et préside la loge parisienne Melchisédech (1908), qui prend ensuite le statut de grande loge (1912) et confère, au-delà des quatre grades classiques, trois autres degrés supérieurs : Royal-Initié, Parfait Adepte, Sublime Commandeur, lesquels auraient été doublés des grades de lOrdre kabbalistique de la Rose-Croix, tandis que les grades dInitié, Supérieur inconnu et Adepte libre de cette loge correspondaient respectivement eux-mêmes aux 4e, 19e et 33e du rite de Memphis-Misraïm. Mais la Grande Loge Melchisédech entre rapidement en sommeil (1912).
Admis par Papus aux deux premiers degrés de lOrdre kabbalistique de la Rose-Croix (1908), il reçoit de Téder son doctorat en kabbale (3e grade) (1915), mais il quitte cet ordre (1918) lorsque Jean Bricaud se réclame de la succession de Téder.
Consacré évêque gnostique (1914) par Papus dans la filiation « spirite » de Jules Doinel, il est ordonné diacre, prêtre et consacré évêque (Paris, 5 mai 1918), selon la filiation apostolique, par Jean Bricaud, qui le nomme évêque de Paris. Très vite, il entre en conflit avec Bricaud et quitte son Eglise gnostique.
Après la mort de Papus (1916), Téder, son successeur, lui confie des responsabilités dans lOrdre martiniste. Après la mort de Détré (1918), il signe, au titre de lOrdre martiniste, un traité dalliance avec lOrdre du Lys et de lAigle (janvier 1919). Puis, refusant de reconnaître l'autorité de Jean Bricaud, il fonde lUnion générale des martinistes et des synarchistes, ou Ordre martiniste et synarchique (OMS) (déclaration officielle le 3 novembre 1920) dont il est le premier grand maître. Cet ordre se réclame de Papus, et à travers lui de Louis-Claude de Saint-Martin, mais aussi dAlexandre Saint-Yves dAlveydre et de sa doctrine. Mais lOMS entre bien vite en sommeil (1922).
Douze ans plus tard, sur les conseils de martinistes en rupture avec Bricaud, Blanchard réveille lOMS (1934) et participe aux côtés dEmile Dantinne (18841969), imperator de la Rose-Croix universelle, et de H. Spencer Lewis (18831939), fondateur de lAMORC, à la constitution de la Fédération universelle des ordres et sociétés initiatiques (FUDOSI) (août 1934), dont il est avec eux lun des trois imperators. Trois ans plus tard, il mandate Lewis, pour représenter lOMS sur le continent américain (9 juillet 1937).
Il participe également à la constitution dun Suprême Conseil international du rite de Memphis-Misraïm (1934), fréquente maintes autres sociétés initiatiques (Ordre pythagoricien, Ordre de la Rose-Croix universitaire), et devient commandeur honoraire de lOrdre du Lys et de lAigle qui signe un traité dalliance avec lOMS.
Elu (1933) à la présidence de la Fraternité des Polaires qui revendique lhéritage des anciens rose-croix, se réclame dune tradition hyperboréenne et use dun curieux « oracle kabbalistique », il se présente (1938) comme investi par lAgartha de la grande maîtrise universelle de la Rose-Croix. Cette attitude lui vaut dêtre marginalisé au sein même du microcosme de loccultisme et écarté de la FUDOSI. Mais il conserve la grande maîtrise de lOMS et la présidence des Polaires (jusquen décembre 1939).
Après la seconde guerre mondiale, il réintègre la FUDOSI (1946) et reprend ses activités martinistes et gnostiques. LOrdre martiniste et synarchique reprendra lui-même force et vigueur et il en conservera la grande maîtrise, jusquà sa mort.
Bibliographie : Robert Amadou, Notice sur le sacerdoce et lépiscopat de Mgr Victor Blanchard, h.c., 1945 ; Jean Mallinger, « Les grands magnétiseurs. Visage des grands initiés : Victor Blanchard », Revue du magnétisme, n° 33, mai-juin 1980, pp. 1548-1550 ; Archives Grand Orient de France.
Serge CAILLET
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