Institut Eléazar

Cours de martinisme par correspondance

Victor Blanchard Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Serge Caillet   
19-07-2005

Victor BlanchardBLANCHARDVictor Alfred (sâr Paul Yésir, T Targelius, T Paul) – Occultiste chrétien, fondateur de l’Ordre martiniste et synarchique (Versailles, 10 juillet 1877 – Paris, 14 mars 1953).

Chef du service central et du service archiviste de la Chambre des Députés, dont il est par ailleurs secrétaire rapporteur, puis président de l’Amicale des fonctionnaires.

Etudiant à l’Ecole supérieure libre des sciences hermétiques (1900) de Gérard Encausse (Papus), il entre dans l’Ordre martiniste (1900). Après avoir reçu l’initiation maçonnique dans la loge Humanidad du rite national espagnol, il est admis (1908) aux 30e et 90e (et 95e ?) degrés dans la franc-maçonnerie « égyptienne » de Memphis-Misraïm, et participe comme secrétaire général au Congrès spiritualiste organisé à Paris (juin 1908) par Papus et Charles Détré-Téder. Il s’engage (1908) dans l’éphémère Ordre du Temple rénové de René Guénon, mais mis en demeure de choisir entre cette dernière organisation et l’Ordre martiniste, il reste fidèle à Papus.

 

 Il collabore à la revue l’Initiation, et, sous les auspices de l’Ordre martiniste, il fonde et préside la loge parisienne Melchisédech (1908), qui prend ensuite le statut de grande loge (1912) et confère, au-delà des quatre grades classiques, trois autres degrés supérieurs : Royal-Initié, Parfait Adepte, Sublime Commandeur, lesquels auraient été doublés des grades de l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, tandis que les grades d’Initié, Supérieur inconnu et Adepte libre de cette loge correspondaient respectivement eux-mêmes aux 4e, 19e et 33e du rite de Memphis-Misraïm. Mais la Grande Loge Melchisédech entre rapidement en sommeil (1912).

 

Admis par Papus aux deux premiers degrés de l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix (1908), il reçoit de Téder son doctorat en kabbale (3e grade) (1915), mais il quitte cet ordre (1918) lorsque Jean Bricaud se réclame de la succession de Téder.

 

 Consacré évêque gnostique (1914) par Papus dans la filiation « spirite » de Jules Doinel, il est ordonné diacre, prêtre et consacré évêque (Paris, 5 mai 1918), selon la filiation apostolique, par Jean Bricaud, qui le nomme évêque de Paris. Très vite, il entre en conflit avec Bricaud et quitte son Eglise gnostique.

Après la mort de Papus (1916), Téder, son successeur, lui confie des responsabilités dans l’Ordre martiniste. Après la mort de Détré (1918), il signe, au titre de l’Ordre martiniste, un traité d’alliance avec l’Ordre du Lys et de l’Aigle (janvier 1919). Puis, refusant de reconnaître l'autorité de Jean Bricaud, il fonde l’Union générale des martinistes et des synarchistes, ou Ordre martiniste et synarchique (OMS) (déclaration officielle le 3 novembre 1920) dont il est le premier grand maître. Cet ordre se réclame de Papus, et à travers lui de Louis-Claude de Saint-Martin, mais aussi d’Alexandre Saint-Yves d’Alveydre et de sa doctrine. Mais l’OMS entre bien vite en sommeil (1922).

Douze ans plus tard, sur les conseils de martinistes en rupture avec Bricaud, Blanchard réveille l’OMS (1934) et participe aux côtés d’Emile Dantinne (1884–1969), imperator de la Rose-Croix universelle, et de H. Spencer Lewis (1883–1939), fondateur de l’AMORC, à la constitution de la Fédération universelle des ordres et sociétés initiatiques (FUDOSI) (août 1934), dont il est avec eux l’un des trois imperators. Trois ans plus tard, il mandate Lewis, pour représenter l’OMS sur le continent américain (9 juillet 1937).

 

Il participe également à la constitution d’un Suprême Conseil international du rite de Memphis-Misraïm (1934), fréquente maintes autres sociétés initiatiques (Ordre pythagoricien, Ordre de la Rose-Croix universitaire), et devient commandeur honoraire de l’Ordre du Lys et de l’Aigle qui signe un traité d’alliance avec l’OMS.

Elu (1933) à la présidence de la Fraternité des Polaires qui revendique l’héritage des anciens rose-croix, se réclame d’une tradition hyperboréenne et use d’un curieux « oracle kabbalistique », il se présente (1938) comme investi par l’Agartha de la grande maîtrise universelle de la Rose-Croix. Cette attitude lui vaut d’être marginalisé au sein même du microcosme de l’occultisme et écarté de la FUDOSI. Mais il conserve la grande maîtrise de l’OMS et la présidence des Polaires (jusqu’en décembre 1939).

Après la seconde guerre mondiale, il réintègre la FUDOSI (1946) et reprend ses activités martinistes et gnostiques. L’Ordre martiniste et synarchique reprendra lui-même force et vigueur et il en conservera la grande maîtrise, jusqu’à sa mort.

Bibliographie : Robert Amadou, Notice sur le sacerdoce et l’épiscopat de Mgr Victor Blanchard, h.c., 1945 ; Jean Mallinger, « Les grands magnétiseurs. Visage des grands initiés : Victor Blanchard », Revue du magnétisme, n° 33, mai-juin 1980, pp. 1548-1550 ; Archives Grand Orient de France.

Serge CAILLET

Dernière mise à jour : ( 10-10-2005 )
 
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