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SEMELAS Demetrios Platon (Déon, Sélaït-Ha) imperator des frères dOrient en Asie mineur et des Frères de la Vérité en Attique, co-fondateur et maître commandeur de lOrdre du Lys et de lAigle (Silivria, Thrace [Turquie], 1884 - Paris, 4 août 1924)
Grec de Thrace, il étudie la médecine à lUniversité dAthènes, mais interrompt ses études par suite de difficultés financières, avant de sétablir en Egypte comme chimiste industriel, puis à Paris. Selon son propre témoignage, il découvre (1902) au monastère du prophète Elie, à Levadia, sur le mont Parnasse, des manuscrits attribués à l'Ordre des Frères d'Orient. Il est bientôt reçu (1909) dans lOrdre des Frères de la Vérité, en Attique, lié aux rose-croix dOrient, par le dernier imperator de lécole attique. Peu après, il se présente lui-même comme le chef de cet ordre où il reçoit à son tour Eugène et Maria Dupré, quil rencontre au Caire (1910), et avec lesquels il fonde (1915) lOrdre du Lys et de lAigle (OLA) dont il deviendra le premier souverain grand commandeur (1919).
Après être entré en contact avec Papus (janvier 1911) avec qui il entretient une correspondance, il est admis dans lOrdre martiniste où il reçoit en Egypte linitiation de supérieur inconnu initiateur (1911), et obtient une charte pour fonder et présider (28 mai 1911) la loge du Caire Temple dEssenie III, avec la fonction de délégué général pour lEgypte. Une charte dhonneur (8 février 1912) témoigne des services rendus par Sémélas à lOrdre martiniste en Egypte. Il rédige également un rituel de réception aux différents degrés de lOrdre, approuvé par Papus (mai 1912), qui sera ensuite utilisé dans plusieurs branches martinistes.
Après son installation définitive à Paris (1915), Papus le charge dintervenir (septembre 1916) dans les pourparlers entre lOrdre martiniste et la Grande Loge indépendante et régulière pour la France et les colonies françaises (GLNIR), fondée en 1913, en vue de la constitution dune loge maçonnique réservée aux martinistes, qui prendra pour titre La France. Ce projet arrêté par la Guerre ne prendra corps quaprès la mort de Papus et la fin des hostilités.
Il est reçu dans lOrdre kabbalistique de la Rose-Croix (25 septembre 1916). Mais son uvre majeure, comprenant lhéritage des mystérieux rose-croix dOrient où il reçoit Georges Lagrèze, et peut-être Papus, avant den être nommé grand maître provisoire (1916), jusquà la fin des hostilités, consiste dans lOrdre du Lys et de lAigle, qui aura pour organe, La Force de la Vérité (1918). Sous la direction de Marie Dupré, première vénérable mère, suprême maîtresse de lordre, lOLA poursuit la réalisation dun triple but : la perfection de lindividu, laide aux faibles et aux souffrants, le bien-être de la collectivité. Une collaboration entre lOrdre martiniste et lOLA sera même envisagée.
Après la mort de Papus, il fonde le Groupe indépendant détudes martinistes (GIEM) et rouvre à Paris le chapitre INRI, dépouillé de son caractère maçonnique, sur lequel il souche les « souverains inconnus », associés à lOLA.
Sémélas est mort à l'hôpital de Dûrtol, des suites dune tuberculose et il a inhumé au cimetière de Pantin le 6 août 1924, après un office célébré en l'église orthodoxe Saint-Etienne, à Paris.
Pierre Geyraud, Les Petites Eglises de Paris, 1935 ; Les Sociétés Secrètes de Paris, 1938 ; Serge Caillet, « Sémélas, Papus et les frères dOrient », LEsprit des choses, n° 10/11, 1995, pp. 106-112. Robert Amadou, « Intermède sur Sémélas Sélaït-Ha Déon », LEsprit des choses, n° 12, 1995, pp. 11-15 ; Christian Rebisse, « Le Pantacle et le Lys. Deux martinistes en Egypte : D. P. Sémélas et Eugène Dupré», Pantacle, n° 4, janvier 1996, pp. 35-48.
Serge CAILLET
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